Eglise de QUEBRIAC
L’église de Québriac est dédiée à Saint Pierre. Elle date du 12ème ou du 13ème siècle et fut remaniée au 14ème siècle. On a ajouté des chapelles à la nef au XVIIème siècle. La tour du clocher fut érigée également au XVIIème siècle. Elle est surmontée d’un clocher possédant une curieuse charpente vrillée, dit clocher "tors". Elle est accostée d’une tourelle. Voir Clochers Tors d’EUROPE
L’allée centrale de la nef se compose de dix huit pierres tombales de moines et de prêtres inhumés à Québriac. L’église possède un magnifique maître-autel
Le grand vitrail du XIXème siècle représente la remise des clefs par le Christ à Saint-Pierre, patron de la paroisse. Il s’agit d’une des plus belles verrières du département.
Note TECHNIQUE CLOCHER
1. Description de l’ouvrage :
Le clocher actuel a été construit au XVIIème siècle en remplacement d’un clocher ancien tout en charpente placé au dessus de la nef.
Accolé au mur gouttereau nord de l’église, l comprend 2 parties : l’une en maçonnerie, la tour, l’autre en charpente sous ardoise constituant la flèche.
La première partie comprend une tour carrée de 7.00 mètres de coté dont 1 s’appuie sur le mur nord de l’église.
Construit en moellons avec chaînes d’angle en gros appareil, l’ensemble est en granit hourdé à la chaux. A l’angle rentrant nord-ouest, une tourelle d’escalier sur plan circulaire est composée d’un mur peu épais (0,30m) et d’un emmarchement en pierre dans sa partie inférieure prolongé par des marches en bois.
L’arase de la tour du clocher, située à 7.00 mètres environ au dessus de celle de l’église, reçoit l’enrayure de départ de la flèche.
La deuxième partie est constituée de la flèche en charpente de chêne revêtue d’ardoise. Sa hauteur approximative se situe entre 25 et 27 mètres. La flèche repose sur l’arase de la tour par un double rang de sablières solidaire de l’enrayure basse de plan octogonal à laquelle s’assemblent les 8 arbalétriers et le poinçon de la flèche. Formant arêtiers, les 8 arbalétriers sont assemblés au poinçon en tête de la flèche. Sur la hauteur, plusieurs enrayures intermédiaires (7 ou 8), en liaison avec le poinçon, supportent les arbalétriers d’arêtiers ou médians.
La stabilité de la flèche est assurée par des jambes de force en appui sur l’enrayure basse et assemblées au poinçon vers la moitié de sa hauteur.
En pied, la flèche reçoit un bulbe lui-même en pénétration dans une partie pavillonnaire à 4 pans formants de larges coyaux. Cette partie basse est en appui sur l’enrayure basse d’une part et sur les arbalétriers d’autre part. Elle constitue un complément à la stabilité de la flèche.
Il est à remarquer ici comme dans presque toutes les flèches en charpente, l’absence de pièces obliques s’opposant à la rotation qui génère l’effet de torsion que l’on constate bien souvent.
2. Les désordres dans la charpente de la flèche :
La flèche présente actuellement une rotation d’ 1/16éme de tour dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cette disposition n’est pas conceptuelle. Elle résulte d’un devers circulaire des arbalétriers dont les liaisons aux enrayures intermédiaires ne sont plus suffisamment assujetties. Ce mouvement est lent mais progressif du fait de la charge d’ardoise qui s’exerce sur des plans hélicoïdaux et non plus sur les plans verticaux de l’origine. Ce mouvement est toujours à surveiller car à terme, les liaisons arbalétriers / enrayures se relâchent de plus en plus et la rotation s’accélère entraînant généralement par la torsion hélicoïdale des arbalétriers une ouverture au sommet de la flèche à la liaison des arbalétriers au poinçon. Ce phénomène connu a été observé à son paroxysme sur la flèche de VIEIL BAUGE dans le Maine et Loire.
A Québriac, dans l’ensemble, la charpente est saine et ne présente pas de désordres graves ou de pièces nécrosées. On peut cependant faire les quelques constatations suivantes :
Les sablières - Ces pièces sont actuellement
encombrées de déchets. Il y a toujours intérêt à maintenir propres ces pièces essentielles à la stabilité de l’ensemble. Il faut bien veiller aux assemblages dans les angles,
Le bulbe - Plusieurs liens entre l’arbalétrier du bulbe et l’arbalétrier de flèche sont désolidarisés et les tenons ont cédé. Des réparations au XIXème siècle, par des étriers métalliques, ont remédié à ces désordres,
Une jambe de contreventement, entre l’enrayure basse et le poinçon, a été coupée pour faire place à un portique du beffroi. Il y a toujours intérêt à maintenir l’intégrité de ces pièces nécessaires à la stabilité de l’ensemble. On constate que les pieds de ces dernières pièces reposent sur les moises de l’enrayure basse. Or, un poinçonnement important de ces jambes détériore les assemblages. Il est important de revoir ces ensembles en les renforçant par des empattements en appui sur les moises,
D’une manière générale, les chevilles d’assemblage seront révisées car certaines ne serrent plus,
A chaque enrayure intermédiaire, la liaison des arbalétriers sera à renforcer. Mais cela ne pourra être réalisé qu’à l’occasion d’une réfection de la couverure.
3. Les désordres de la tour en maçonnerie :
D’une manière générale, la tour est saine. A signaler cependant :
Une baie intérieure permet la liaison entre le clocher et le comble de l’église. Là, on constate qu’un jambage en maçonnerie et les pilastres en bois sont à reprendre,
L’escalier de la tourelle dans sa partie en pierre présente des décalages du noyau. Ce désordre très ancien est probablement du à un terrassement différentiel des maçonneries plus anciennes de l’église et celles ajoutées de la tour du clocher ainsi qu’aux épaisseurs très différentes des murs de la tourelle (0,30m) et du clocher (1m). Ce désordre est stable, dans la mesure où le mur circulaire de la tourelle ne présente pas de flambement évolutif, ce qui est stabilisé par les travaux récents. Il n’y a donc pas d’intervention à envisager, sauf évolution.
4. La couverture ardoise de la flèche :
Dans son ensemble, la couverture de la flèche quoique ancienne est entretenue régulièrement. Il n’y a pas à envisager de réfection dans un avenir immédiat. 4 lucarnes sont garnies d’abats sons. Certaines lames sont désassemblées mais ne menacent pas de tomber. Un entretien prochain est à envisager.
5. CONCLUSION :
La charpente présente une rotation qui doit être surveillée car elle est évolutive. Cependant, une consolidation générale ne peut être envisagée qu’avec une découverture complète. Comme celle-ci n’est pas programmée avant un temps indéterminé, il y a lieu d’effectuer sur la charpente du clocher les travaux accessibles signalés au chapitre 2.
Lors d’une réfection de la couverture, des travaux de stabilisation générale seront à programmer. Il s’agira alors, outre la révision générale des assemblages et des liaisons entre les arbalétriers et les enrayures, de s’opposer à la torsion de la flèche par des butoirs à placer dans le plan des arbalétriers, assemblés en pied au niveau d’une enrayure et en tête au niveau de l’enrayure du dessus. Ces butoirs formant ceintures sont à envisager à deux niveaux, l’un juste au dessus du bulbe, l’autre vers le 1/3 inférieur de la flèche. Dans la partie haute des plates bandes métalliques posées obligatoirement à l’inverse des butoirs renforceront la stabilité à la rotation de la charpente.
Les gros travaux de charpente ne peuvent être envisagés que dans la cadre d’une réfection de la couverture qui, sauf intempéries graves devraient tenir au moins 20 ans.
PS : lors de la visite, il n’a pas été effectué de relevé. Ce sont des croquis établis de mémoire qui sont joints au présent rapport.
Xavier des Abbayes. 4 mai 2006.

